NOTICE BIOGRAPHIQUE DE CHRISTIAN
BRECHOT (http://infodoc.inserm.fr/histoire)
Voir aussi un article de Recherche et Santé, déc. 1992
Christian Bréchot
est né le 23 juillet 1952, à Paris. Il a mené ses
études primaires et
secondaires à l'Ecole alsacienne, au lycée Montaigne puis
à Louis Le
Grand, et ses études supérieures à la
faculté de médecine de Paris.
Interne des hôpitaux
de
Paris (1975), docteur en médecine(1983), docteur es sciences,
biochimie
(1985), professeur des universités-praticien hospitalier
(PU-PH),
biologie cellulaire/hépatologie, CHU Necker (1989).
Enseignement
d'hépatologie
à la faculté Necker - Enfants malades (1983-2001),
responsable de
l'enseignement de biologie cellulaire, faculté Necker
(1989-2001).
Chef de service
d'hépatologie, hôpital Necker-Enfants malades (1997-2001),
responsable
du laboratoire Hybridotest, Institut Pasteur (1990-1998), directeur de
l'unité de recherche Inserm U 370 «carcinogenèse
hépatique et virologie
moléculaire», CHU Necker - Enfants Malades (1993-2001),
directeur du
Centre national de référence sur
l'épidémiologie moléculaire des
hépatites virales, laboratoire mixte Pasteur/Necker (l998-2001).
Directeur
général de l'Inserm (depuis février 2001).
Correspondant de l'OMS dans
la coordination des études sur la standardisation de la PCR pour
le
diagnostic des infections à VIH (1988-1991), membre de
l'Institut
universitaire de France (promotion 1992), membre de la commission
scientifique spécialisée de l'Inserm Métabolisme
et physiologie cellulaire (1990-1994) et de la commission
Métabolisme
et nutrition (1999-2001), membre du conseil national des
universités
(CNU), biologie cellulaire (1993-1999), du conseil scientifique de
l'Agence française du sang (1993-1996), des commissions
scientifiques
de l'Association pour la recherche sur le cancer (1988-2001) et de la
Ligue nationale contre le cancer (2000-2001).
Sociétés
savantes
Membre de l'Association
française pour l'étude du foie, de l'Association
européenne pour
l'étude du foie, de l'Association européenne pour le
diagnostic
virologique, de l'Association américaine pour l'étude du
foie,
secrétaire de l'Association européenne pour
l'étude du foie.
Prix
Prix Biotrol (1982), prix
d'investigation clinique de la Fondation pour la recherche
médicale
(1982), prix "Abbot" pour la recherche sur les hépatites virales
(1983), prix "Paris" de la Ligue nationale contre le cancer (1985),
prix René Fauvert (1987), prix de l'Académie de
Médecine (1996), prix
Jean Valade (2000).
Travaux scientifiques (pour en
savoir plus)
Les travaux de Christian
Bréchot ont porté sur les mécanismes de la
prolifération hépatocytaire
et de la carcinogenèse hépatique. Initialement
centrés sur le rôle des
infections par les virus de l'hépatite B, ils se sont
étendus au rôle
important joué par le virus de l'hépatite C et, de
façon plus générale,
à la définition de mécanismes régulant le
cycle cellulaire et la
prolifération hépatocytaire. Ces recherches fondamentales
ont été
directement associées à une recherche clinique et
à des activités de
transfert, avec le développement de nouvelles méthodes de
diagnostic en
virologie et en oncologie, fondées sur l'utilisation des
techniques de
biologie moléculaire. Elles ont également permis de
définir de
nouvelles approches thérapeutiques pour les infections virales
et le
cancer primitif du foie.
Les
travaux menés par Christian Bréchot et ses collaborateurs ont porté sur
analyse du mécanisme de la prolifération hépatocytaire et de la
carcinogenèse hépatique. Initialement centrés sur le rôle des
infections par les virus de l'hépatite B (VHB), ils se sont étendus
d'une part, au rôle important du virus de l'hépatite C (VHC) et, de
façon plus générale, à la définition des mécanismes régulant le cycle
cellulaire et la prolifération hépatocytaire. Ces recherches
fondamentales ont été directement associées à une recherche clinique et
à des activités de transfert, avec le développement de nouvelles
méthodes de diagnostic en virologie et en oncologie, fondées sur
l'utilisation des techniques de biologie moléculaire. Elles ont
également permis de définir de nouvelles approches thérapeutiques pour
les infections virales et le cancer primitif du foie.
Carcinogenèse hépatique, mécanismes de prolifération hépatocytaire - Rôle des infections par les virus des hépatites B et C
Cyclines, cycle cellulaire et prolifération hépatocytaire
Christian
Bréchot et ses collaborateurs ont été les premiers à identifier le gène
codant pour la cycline A2 humaine (1990), grâce à l'analyse d'un site
d'intégration de l'ADN du VHB dans un cancer primitif du foie, puis à
étudier la structure de ce gène et les mécanismes de contrôle de son
expression (1994, 1995) et, en particulier, et montrer le rôle de la
voie de transduction AMP cyclique - CREB/CREM.
Ils on confirmé la
fonction de la cycline A2 dans le cycle cellulaire et démontré son rôle
à la fois aux transitions G1/S et G2/M, en utilisant en particulier
l'inactivation génique du gène cycline A2 chez la souris (1997, 2000).
Ils
ont montré l'intérêt d'utiliser la cycline A2 comme marqueur de
prolifération tumorale (1992, 1995 ; brevet Inserm, et collaboration
avec Immunotech et Biomérieux).
Enfin, ils ont défini un nouveau
mécanisme de transformation liée à la cycline A2, celle-ci étant ciblée
dans un compartiment cellulaire anormal (réticulum endoplasmique au
lieu du noyau) (1992, 1998, 2001, 2002).
Rôle des virus des hépatites B et C
Christian
Bréchot et ses collaborateurs ont démontré, in vivo, la présence de
séquences d'ADN VHB intégrées dans l'ADN chromosomique des cellules
hépatiques tumorales de sujets atteints de cancer primitif du foie.
Récemment ce problème a été ré-analysé, en développant une stratégie
différente fondée sur une technique de PCR-Alu, permettant d'analyser
de façon rapide un grand nombre de séquences flanquantes. Ils ont ainsi
identifié plusieurs nouveaux sites d'insertion aux implications
extrêmement intéressantes : implication des gènes SERCA
(Sarco/endoplasmic-réticulum-calcium-ATPase pump) dans le contrôle de
la prolifération cellulaire et de la viabilité (2000) ; rôle des gènes
codant pour une télomérase, pour la protéine associée au récepteur de
l'hormone thyroïdienne (TRAP 150), une protéine «MCM» (élément clé du
contrôle de la réplication de l'ADN cellulaire).
Des résultats
récents ont montré que, parmi 21 séquences de «jonction» ADN
cellulaire/ADN du VHB analysées, douze gènes on pu être identifiés
grâce à la combinaison de cette méthode rapide d'analyse des séquences
flanquantes et aux progrès majeurs dans la connaissance de la séquence
du génome humain. Deux faits essentiels sont à souligner : les gènes
identifiés sont impliqués dans le contrôle de la signalisation
cellulaire, de la prolifération cellulaire et de la viabilité ; et,
très récemment et pour la première fois, une insertion de l'ADN du VHB
a été trouvée dans des tumeurs indépendantes dans la même famille de
gènes, en particulier, dans le gène codant pour la télomérase humaine
(2002).
La preuve a ainsi été apportée que, contrairement à l'idée
généralement admise, la cis-activation de gènes cellulaires due à
l'insertion de l'ADN du virus de l'hépatite B est un phénomène
fréquent. De plus, l'étude systématique des sites d'insertion peut
permettre d’identifier de nouveaux gènes et constituer une approche
«post-génomique» permettant de démontrer l'implication de séquences
connues mais sans rôle biologique déterminé, dans la carcinogenèse.
Protéine HBx et carcinogenèse hépatique
Christian
Bréchot et ses collaborateurs ont mis en évidence la localisation très
majoritairement cytoplasmique de la protéine HBx dans la cellule
(1998), analysé des mécanismes d'activation de la voie NF-KB par la
protéine HBx et, en particulier, mis en évidence l'association directe
entre l’HBx et la protéine IKB (1999). Ils ont également montré que
l'expression du gène HBx peut induire un blocage du cycle cellulaire en
phase tardive de G1 et une apoptose cellulaire (1999).
• L’analyse
détaillée, in vivo, des effets biologiques de mutations du gène HBx
dans les cellules tumorales de patients atteints de cancer du foie a
permis de montrer que ces mutations inhibent le blocage du cycle
cellulaire et l'induction d'apoptose provoquée par l'expression
ectopique de la protéine HBx (1995, 1999, 1999, 2000). Ces résultats
conduisent à proposer un nouveau modèle pour le rôle de HBx dans la
carcinogenèse hépatique : la diminution de l'expression d'HBx ou la
présence de mutations dans le gène HBx «sélectionnerait» les cellules
infectées en favorisant leur expansion clonale au cours d’une infection
chronique du virus de l'hépatite B. En revanche, au cours d'une
infection aiguë, la synthèse d'une quantité importante d'HBx pourrait
maintenir les cellules en phase G1 et favoriser la réplication virale.
•
Un travail récent, utilisant des souris transgéniques exprimant l'HBx à
des niveaux différents suivant la période de la vie et les techniques
de transplantation hépatocytaire, a permis de démontrer que la présence
dans un foie receveur d'une très faible proportion d'hépatocytes
exprimant l'HBx est suffisante pour inhiber la régénération globale du
foie après hépatectomie partielle. Pour la première fois, on a pu
décrire un mécanisme d'action inhibiteur paracrine pour une protéine
virale humaine (2002).
Cancers du foie chez des patients « antigène HBs négatifs »
Dès
les années 1977-1980, Christian Bréchot et son équipe avaient démontré
la persistance de séquences d'ADN du VHB dans le foie, le sérum et les
cellules mononucléées du sang périphérique de patients atteints de
maladies du foie (y compris, le cancer primitif du foie), mais sans
marqueur sérologique habituel de l'infection par le VHB. Avec le
développement des techniques d'amplification génique, ils ont confirmé
ces résultats, analysé les séquences nucléotidiques des génomes viraux
identifiés et montré la transcription de ces génomes viraux. Ces
travaux, menés dans le cadre d’une action concertée européenne (1998),
ont permis de confirmer l'impact majeur des infections par les VHB et
VHC dans des régions comme l’Europe du nord et l'Europe du sud où la
prévalence de l'infection virale est plus faible que dans d'autres
zones géographiques. Ils illustrent l'importance essentielle de la
vaccination pour la prévention de cette tumeur humaine et l'importance
de l'interaction entre ces deux virus ( 2001).
Virus de l'hépatite C et cancer du foie
Christian
Bréchot et ses collaborateurs ont démontré : 1) la replication de l'ARN
viral dans les cellules tumorales (1993) ; 2) la très forte prévalence
du génotype VHC chez les patients avec cirrhose et HCC (1995) ; 3) le
dévelop-pement possible du cancer du foie en l'absence de cirrhose,
suggérant un rôle direct du VHC, en association à l’inflammation
chronique et la cirrhose (1995) ; 4) le rôle des protéines de capside
et NS5A dans le contrôle du métabolisme lipidique hépatique, de la
viabilité et de la prolifération hépatocytaire ( cf paragraphe suivant).
Recherche de gènes surexprimés dans les cancers primitifs du foie
Avec
son équipe, Christian Bréchot a démontré la fréquente réexpression,
dans les cancers primitifs du foie, du gène codant pour l'Insuline like
Growth Factor Il (IGF-II) et analysé ses implications dans le contrôle
autocrine et paracrine de la prolifération hépatocytaire (1988, 1990,
1991).
Ces chercheurs ont identifié un gène hyperexprimé dans les
tissus tumoraux versus les tissus non tumoraux dans environ 25 % des
cancers primitifs du foie, gène codant pour une lectine de type C
sécrétée dans le sérum (1992, 1996, 1999). Ces résultats suggèrent
l'expression de la protéine HIP/PAP dans une cellule, avec une
pluri-potentialité de différenciation (cellules intestinales,
pancréatiques, biliaires et hépatocytaires).
Ils ont abordé les
mécanismes d'action et l'effet phénotypique global de l'expression de
la protéine HIP dans les hépatocytes et démontré : 1) l’interaction
directe de HIP/PAP avec la sous-unité RII-alpha de la PKA (2002),
interaction indépendante de résidus glycosylés mettant en évidence un
nouveau type de fonction intracellulaire pour une lectine ; 2) que
l'expression de HIP dans les hépatocytes en culture primaire de souris,
isolés de souris transgéniques exprimant HIP, induit une résistance à
l'apoptose provoquée par le TNF-alpha et une augmentation du potentiel
de prolifération (2002). Au total, nos résultats suggèrent que
l'expression de la protéine HIP/PAP pourrait inhiber l'apoptose et
stimuler la prolifération d'un compartiment de cellules potentiellement
«souches», susceptibles de proliférer au cours de
l'hépatocarcinogenèse.
Histoire naturelle et pathogène des infections par les virus des hépatites B et C
Virus de l'hépatite B (VHB)
Christian
Bréchot et ses collaborateurs ont mis en évidence l'importance de la
recherche de l'ADN viral comme marqueur de l'infection virale, de
l'analyse du tropisme cellulaire du VHB et démontré l'infection de
cellules non hépatocytaires (cellules mononucléées du sang
périphérique).
Ils ont analysé la variabilité génétique de l'ADN du
VHB et ses implications cliniques : analyse détaillée de la séquence de
différents mutants et essais phénotypiques de l'expression in vitro de
ces séquences. Ces travaux ont également concerné les sujets avec des
profils sérologiques particuliers (antigène HBs négatifs) ; ils ont été
associés à de expériences de transmission des particules à des
chimpanzés, permettant ainsi de démontrer de façon définitive la
persistance de particules infectieuses, avec des implications majeures
pour les mécanismes de transmission, notamment pour la transfusion
(1990).
Ils ont mis en évidence une nouvelle protéine VHB codée à
partir d'un ARN épissé VHB (2000), capable de moduler l'apoptose
hépatocytaire ; ces résultats récents montrent l'expression de cette
protéine (appelée HBSP) au cours de l'infection à VHB : des anticorps
anti-HBSP sont détectés chez 40 à 50 % des patient infectés et,
récemment, nous avons pu démontrer une association entre la détection
de ces anticorps et le degré de fibrose hépatique (2002) ;
Ils ont
également démontré le rôle inhibiteur de la protéine MxA sur la
replication du génome VHB (2001), protéine connue pour inhiber la
réplication de nombreux virus à ARN ; ces travaux impliquent donc pour
la première fois MxA dans le cycle d'un virus à ADN.
Virus de l'hépatite C (VHC)
Christian
Bréchot a participé à plusieurs programmes de recherche clinique,
montrant en particulier l'importance du génotype VHC, de la charge
virale et du degré de complexité des quasi espèces circulantes comme
éléments de réponse au traitement par l’interféron alpha ou
l’interféron ribavirine. Avec ses collaborateurs, il a également
analysé le tropisme du virus de l'hépatite C et montré l'infection des
cellules mononuclées (1993, 1994, 1998) et, plus récemment, des
cellules biliaires (1999) par le VHC. Ces chercheurs ont ainsi pu
démontrer la possibilité d'utiliser ce modèle d'infection in vitro de
cellules biliaires pour la détection d'anticorps neutralisants au cours
de l'infection à VHC (2002).
Récemment, leurs travaux ont porté
sur les effets biologiques de la capside et de NS5A, protéines
impliquées dans le contrôle de voies de signalisation cellulaire, du
cycle et de l'apoptose. Ils ont ainsi pu confirmer l'existence de
mutations présentes dans les cellules tumorales et absentes dans les
cellules non tumorales. Le résultat principal a été la démonstration de
l'activation de la kinase dépendant de l’ARN double brin (PKR) par la
capside du VHC, premier exemple d'un activateur viral de PKR, avec une
implication importante pour la résistance à l'interféron et le contrôle
de l'apoptose hépatocytaire (2001).
Plusieurs arguments suggèrent
que la stéatose hépatique pourrait être un élément important de la
pathogenèse hépatique. L’équipe de Christian Bréchot a proposé un
modèle original d'interaction entre la protéine de capside du VHC et le
métabolisme lipidique hépatique (1997, 1999). Les résultats d’études in
vitro et in vivo (souris transgéniques exprimant la capside) montrent
que la capside virale est, en effet, directement impliquée dans la
stéatose hépatique due au VHC, en inhibant l'assemblage et la sécrétion
des VLDL par une action directe sur un régulateur majeur de
l'assemblage des VLDL, la «Microsomal Triglycéride Transfert Protein»
(MTP) ( 2002).
Amélioration du diagnostic moléculaire en virologie
Christian
Bréchot et ses collaborateurs ont apporté une contribution
méthodologique à l'ensemble des développements permettant aux
techniques d'amplification génique in vitro d'être standardisées et de
fournir la base de «kits» diagnostiques (1988, 1990). Ils ont également
participé à de nombreux programmes d'évaluation de nouvelles
technologies et, plus récemment, contribué à l'évaluation de l'impact
réel en clinique des infections par les virus de l'hépatite G (VHG) et
TT (VHTT).
Nouvelles approches thérapeutiques
Infections à VHB
Christian
Bréchot a développé le concept «d'immunothérapie spécifique», montrant
l'efficacité de la vaccination contre le VHB pour le contrôle de la
multiplication virale B chez les sujets avec hépatite chronique B.
Cette observation pourrait avoir des conséquences importantes, montrant
que le concept de vaccino-thérapie pour le contrôle d'une infection
virale chronique pourrait être étendu aux infections par le VHB (1993,
1999, 2000). Elle est actuellement prolongée par l'évaluation des
effets de vaccins différents (PreS1-PreS2-S) et de vaccins ADN (2001).
Infections à VHC
L'unité
d'hépatologie, à l'hôpital Laënnec puis à l'hôpital Necker, a largement
participé au développement des études sur l'efficacité de l'interféron
alpha, puis de la combinaison interféron ribavirine dans le traitement
de l'hépatite chronique virale C (2000).
Cancer primitif du foie
Christian
Bréchot et ses collaborateurs ont contribué à la résolution des
problèmes posés par le transfert de gènes dans le cancer primitif du
foie en utilisant des vecteurs viraux, grâce à des approches fondées
sur des modèles in vivo se rapprochant réellement de la situation
observée chez l'homme : rats traités par les carcinogènes chimiques et,
plus récemment, marmottes infectées par le virus de l'hépatite de la
marmotte.
Ils ont analysé les différentes voies d'administration
permettant d'augmenter l'efficacité de transduction des cellules
tumorales (1998, 2000). Ils ont ainsi démontré, par l'utilisation
d'injections répétées d'un vecteur adénoviral permettant l'expression
du gène thymidine kinase sous le contrôle du promoteur du gène codant
pour l'alphafoetoprotéine, la possibilité d'un ciblage aux cellules
tumorales et l'obtention d'un effet antitumoral important sans
toxicité, ouvrant ainsi la voie à des premiers essais chez l'homme
(2002).
Le groupe de Christian Bréchot a enfin apporté une
contribution marquante dans la détection précoce des cellules tumorales
circulant dans le sang périphérique, par la mise au point de techniques
basées sur la RT-PCR (1998, 1999), puis l'isolement par filtration de
celles-ci, permettant ainsi leur visualisation directe et leur
caractérisation moléculaire après microdissection des cellules isolées
(2000).
Inserm actualités – septembre/octobre 2002
Editorial de Christian Bréchot
L'innovation
médicale et biotechnologique exige un soutien fort à une recherche
fondamentale non thématisée et interdisciplinaire, seule garante de la
découverte de nouvelles cibles thérapeutiques. Ce point est aujourd'hui
crucial dans la phase d'évolution critique que connaît l'industrie
pharmaceutique, confrontée à une pénurie de molécules innovantes. En
parallèle, le développement d'une recherche clinique novatrice (non
limitée à une participation à des essais thérapeutiques d'intérêt
modeste) et d'une recherche cohérente en santé publique ne doit pas
être considéré comme une alternative à la recherche fondamentale, mais
comme son complément indispensable, pour que cette recherche puisse
avoir des retombées en santé humaine et en technologie.
Cette
complémentarité entre recherche fondamentale et clinique - atout
essentiel de notre pays - doit impérativement être maintenue. Par
ailleurs, une politique cohérente de partenariat entre la recherche
publique et privée doit être mise en oeuvre pour renforcer l'efficacité
de notre Institut. Ainsi, le soutien à l'ensemble des composantes de la
recherche - tant fondamentale que clinique, thérapeutique et en santé
publique - constitue à mes yeux la mission de l'Inserm. Dès mon arrivée
à la tête de l'institut, j'ai clairement annoncé cet objectif, auquel
mon parcours scientifique m'avait préparé, et je maintiendrai ce « cap
».
Une évolution nécessaire
Mais de quoi parle-t-on et
quelles sont les vraies questions ? je suis très frappé du fait que de
vieux débats obèrent le plus souvent la tenue d'une véritable réflexion
sur la nécessaire évolution de notre institut. En effet, au-delà des
discussions récurrentes sur les structures et sur la place relative de
la recherche fondamentale et clinique à l'Inserm, au-delà des mots et,
souvent, des incantations, dogmatiques et inefficaces, pourquoi ne pas
aller plus loin et nous poser quelques questions qui me paraissent
essentielles pour un soutien réel à l'ensemble des composantes de la
recherche à l'inserm ? Par exemple : pourquoi avons-nous souvent si
peur de donner des responsabilités de recherche à nos jeunes chercheurs
? Les réactions de certain(e)s de nos collègues au programme Avenir ont
été sur ce point édifiantes... Pourquoi travaillons-nous, sans même les
remettre en cause, dans le cadre de statuts qui certes ont permis à
l'inserm de se structurer, et qu'il est hors de question de réformer
entièrement, mais dont la rigidité n'est manifestement plus adaptée à
l'évolution de la recherche biomédicale ? Pourquoi ne pouvons-nous pas
distinguer et reconnaître l'excellence du travail de nos meilleurs
chercheurs, ingénieurs et techniciens
Pourquoi acceptons-nous
une organisation de la recherche en France basée sur la dispersion des
efforts en une multitude d'organismes de recherche et d'agences ?
Notre
réflexion doit prendre en compte le décalage qui s'installe entre la
solidité et la qualité réelles et reconnues de la recherche à l'Inserm
et la diminution indiscutable de l'impact de la recherche biomédicale
en France
Certes, nous pouvons et devons discuter de la
pertinence des indicateurs fondés sur la bibliométrie, les brevets et
divers « agrégats » mélangeant différents organismes et secteurs de
recherche. Quoi qu'il en soit, j'ai été sincèrement impressionné, lors
de mes visites sur sites, comme dans mes analyses de dossiers, par la
qualité des projets et par la position unique dont bénéficie l'Inserm,
grâce à son implantation dans les CHU. Ce constat ne peut néanmoins
nous affranchir d'une discussion critique sur notre avenir. D'autant
que nous devons tenir compte du départ à la retraite, dans les 8 années
à venir, d'environ 30 % de nos chercheurs, ingénieurs et techniciens
(IT), ce qui nous conduit à réfléchir d'une façon à la fois «
quantitative » et « qualitative ».
Définir un modèle qui redynamise notre système de recherche
J'ai
la conviction que, quel que soit le contexte politique, le renforcement
de la place de la France en recherche biomédicale - et le soutien
politique indispensable à son dévelop-pement dépendent avant tout de
notre aptitude à définir un « modèle » qui puisse à la fois conserver
notre capacité de recherche à moyen et long terme - tant fondamentale
que clinique, thérapeutique et en santé publique - et nous donner un
nouvel élan, en stimulant la dynamique de notre système de recherche -
notamment l'attractivité et la flexibilité des carrières. Dans cet
esprit, je voudrais reprendre et expliciter quelques actions mises en
place depuis ma nomination à la direction générale de l'inserm, début
2001.
1. Les carrières
Ce sont les individus qui font
la recherche. Les programmes de recherche et les débats sur les
structures n'ont donc aucun sens si des actions concrètes concernant
les carrières ne sont pas d'abord rapidement engagées. C'est pourquoi,
j'ai entrepris les différentes actions suivantes .
Le recrutement des jeunes chercheurs et des ingénieurs de recherche
Avant
de recruter un fonctionnaire de la recherche durant 30 à 40 ans, il
semble logique de favoriser sa « maturation » et sa « mise en situation
». Dans cette optique, le stage post-doctoral, si possible à
l'étranger, et la mise en place de programmes comme « Avenir » visent à
favoriser le recrutement de jeunes chercheurs sélectionnés sur leur
valeur intrinsèque, et pas seulement sur la qualité des laboratoires où
ils se sont formés. Cette approche nécessitait d'augmenter notre
capacité de recrutement de CR1, qui passera de 40 à 60 % dès 2003 - le
recrutement de CR2 diminuant dès lors de 60 à 40 %. Il ne s'agit certes
pas de favoriser systématiquement un recrutement tardif, mais de tenir
compte d'une réalité : en 2002, 40 % des CR2 recrutés ont plus de
trente ans ! Cette mesure représente une première revalorisation de
leur salaire et une adaptation au contexte de la recherche biomédicale,
notamment au cursus des médecins et des pharmaciens. A terme, il faudra
sans doute revoir la distinction entre CR2 et CR1, ainsi que la limite
d'âge de 30 ans pour les CR2 recrutés - contraintes que nous imposent
nos statuts actuels.
Un point crucial, à propos de la
valorisation des carrières, concerne la définition d'un statut social
et d'une rémunération correcte pour les post-doctorants. Autre point
essentiel : il faudrait réfléchir à la mise en place d'un « tronc de
formation » commun aux chercheurs et aux ingénieurs de recherche, qui
permettrait de mieux valoriser le cursus d'ingénieur : après ce tronc
commun, et à l'issue d'une sélection, chercheurs et ingénieurs seraient
orientés vers la filière qui leur correspond ; de plus, au cours de
leur carrière, les ingénieurs pourraient toujours être détachés dans le
corps des chercheurs.
Le programme « Avenir ».
Promouvoir
l'émergence de jeunes chercheurs, d'une façon rapide et efficace, est
une autre priorité. Il ne s'agit nullement d'adhérer à un « jeunisme »
à la mode et de nier l'apport essentiel de chercheurs plus confirmés,
mais de constater que l'âge de prise de responsabilités est notablement
plus élevé en France que dans la grande majorité des autres nations,
C'est dans cet esprit qu'a été lancé, en juin 2ool, le pro gramme
Avenir (voir page 9 du numéro 178 d'Inserm Actualités), complémentaire
des programmes ATIPE du CNRS et de PACI « jeunes chercheurs » du
ministère de la Recherche. Le premier bilan du programme Avenir 2001
m'apparaît très positif - même si des améliorations doivent être
apportées aux procédures d'évaluation et d'attribution des crédits et
rémunérations des post-doctorants. Contrairement à ce qui avait été
craint par certains, toutes les composantes de la recherche à l'Inserm
ont été soutenues dans ce programme, non thématisé (voir liste des
lauréats, page 16 du numéro 182 d'inserm Actualités). Par ailleurs,
nous avons négocié pour obtenir, à terme, que la quasi-totalité des
rémunérations attribuées aux post-doctorants soient sous forme de
salaires, et non de bourses. Le programme Avenir est donc une action «
phare » qui doit être poursuivie. je souhaite que les unités/équipes ou
IFR qui favorisent la mise en place de ce programme bénéficient d'un
soutien financier supplémentaire, dans leur dotation de base et que,
dans le contexte actuel de pénurie de postes d'ingénieurs et de
techniciens, cela soit un critère important d'attribution de tels
postes.
Renforcer l'attractivité et la flexibilité des carrières
Ces
différentes actions resteront inefficaces si nous ne parvenons pas à
faire évoluer les profils de carrière des chercheurs à l'Inserm. je
soutiens qu'abandonner le fonctionnariat de la recherche, dans le
contexte actuel de l'organisation du système de recherche français,
serait une erreur qui réduirait notre capacité à développer des projets
de recherche à moyen et long terme. Cependant, à l'évidence, nous
n'exploitons pas suffisamment les possibilités que nous offre le statut
de chercheur, en termes de prise de risque et de flexibilité des
parcours. De surcroît, l'attractivité des carrières reste notoirement
insuffisante. Là encore, j'ai été profondément frappé par le caractère
incantatoire, et donc malheureusement en grande partie inefficace, des
revendications - justifiées - concernant les salaires au cours des dix
dernières années. Or, nous devons bien comprendre que nous ne
débloquerons le système qu'en démontrant tout en continuant à
revendiquer une revalorisation de la rémunération de base - notre
capacité à proposer des solutions fondées sur la flexibilité des
carrières et sur la sélection des meilleurs chercheurs. C'est dans cet
esprit que je soutiendrai des programmes diversifiés d'évolution des
carrières, qui doivent être progressive ment accessibles à une fraction
importante des chercheurs ; de tels programmes éviteront cette
politique « d'échec » qui me frappe profondément - une modification de
parcours d'un chercheur étant le plus souvent perçue comme la
conséquence de son échec scientifique.
Le concours DR2 doit
être maintenu pour nous permettre de sélectionner des « leaders »,
responsables de programmes, dont l'excellence scientifique a été
démontrée. D'autre part j'ai posé la question, et je souhaite qu'elle
soit rediscutée, de postes de CR « hors classe » qui permettraient,
après sélection, de reconnaître la valeur de scientifiques de très bon
niveau qui n'ont pas nécessairement le profil de DR2, en particulier la
capacité (ou la volonté ) de diriger des groupes de recherche.
Des
mesures complémentaires sont maintenant nécessaires. Ainsi, la mise en
place d'une gamme de primes de recherche, financièrement attractives,
doit nous permettre de reconnaître la participation d'un chercheur à
l'organisation de la recherche à l'Inserm : direction d'une formation
de recherche, gestion de programmes scientifiques nationaux et
européens... Une extension des attributions de primes spécifiques, pour
les fonctions d'intérêt collectif (ISFIC), peut répondre en partie à
cet objectif. Enfin, la mise en place des «contrats d’interface»
(initialement nommés « contrats d'objectifs ») vise à renforcer la
flexibilité et l'attractivité du cursus de chercheur (voir encadré). je
souhaite que ce programme - nullement contradictoire avec une
revalorisation du salaire de base - soit progressivement étendu. En
2006, 600 à 800 chercheurs, parmi les 3 000 que compte notre Institut,
pourraient en bénéficier
Ces mesures incitatives ne doivent pas
être limitées aux chercheurs, alors que les ingénieurs et les
techniciens (corps des IT) jouent un rôle essentiel dans le
fonctionnement de notre Institut. L'inserm défend donc ardemment,
auprès de ses tutelles, la nécessité d'augmenter fortement le nombre de
postes d'IT, tout en revalorisant leurs salaires. C'est là une priorité
incontournable, si nous voulons concilier le développement des
plates-formes technologiques, qui offrent des opportunités de carrières
passionnantes, avec le soutien individuel à des groupes de recherche.
En parallèle, il nous faut réfléchir à la mise en place de nouveaux
profils de carrières d'IT, visant à renforcer la mobilité et
l'attractivité de ces professions. A l'évidence, les départs à la
retraite des prochaines années ouvriront de nouvelles possibilités de
promotion. Mais celles-ci resteront insuffisantes : une augmentation
très forte de nos capacités de distribuer promotions et primes, pour
nos ingénieurs et nos techniciens, sera un enjeu majeur de notre
recherche future.
2. Les structures
Je tiens d'abord à
souligner que ce sont les structures qui doivent s'adapter aux projets
de recherche, et non l'inverse. D'une façon générale, notre politique
scientifique doit s'appuyer sur une réflexion d'amont, conduite avec
l'ensemble des partenaires concernés un à deux ans avant la soumission
d'un dossier, permettant cette évolution de nos structures.
je
réaffirme également la nécessité d'individualiser des groupes de
recherche de taille relativement limitée (une dizaine de personnes au
total, incluant un nombre suffisant de chercheurs à temps plein). Ces
groupes peuvent tantôt travailler de façon autonome, tantôt se
regrouper en formations plus larges, où les efforts doivent être
coordonnés et synergiques. Cette politique ne signifie nullement une
dispersion de notre force de recherche en petits groupes de masse
critique insuffisante. Bien au contraire, elle s'inscrit dans une
stratégie « d'instituts sur sites » visant à mettre en place des infra
structures de recherche fortes, dotées d'une masse critique
intellectuelle et technique suffisante. Cela, en coordination avec de
grandes actions tels le programme des Instituts fédératifs de recherche
(IFR), le développement des « plates-formes technologiques », le
Consortium national de recherche en génomique et les grands programmes
européens.
Par ailleurs, cette stratégie d'instituts doit
diminuer la tâche administrative des chercheurs. En outre, elle offre à
des chercheurs « seniors » la possibilité de s'investir dans des
missions de politique scientifique. Enfin, le raccourcissement à 8 ans
de la durée des mandats des unités de recherche doit renforcer la
dynamique d'évaluation des projets de recherche. Il ne s'agit nullement
pour moi d'une position dogmatique, mais d'une nécessité nous
permettant de mieux nous adapter à l'évolution accélérée de la
recherche biomédicale.
Cette stratégie ne peut cependant
résumer la politique de l'Inserm et, dans plusieurs régions, l'Inserm
doit jouer un rôle important dans un aménagement élitiste du
territoire, en partenariat avec les collectivités territoriales. Les
schémas de développe ment des formations de recherche doivent alors
être discutés au cas par cas. C'est dans cet esprit que sont remis en
place des contrats de recherche, destinés à favoriser l'émergence de
projets, grâce à un soutien financier partagé entre l'Inserm et les
régions.
3. Les actions incitatives
Renforcer la réactivité de l'Inserrn, tout en conservant une part dominante de recherche non thématisée
Tout
d'abord, rejetons une confusion qui sert encore trop souvent
d'argumentaire : toute recherche « thématisée » serait par essence une
recherche clinique qui exclurait la recherche fondamentale. Ainsi, des
programmes comme les actions thématiques concertées (ATC) de l'Inserm
seraient uniquement destinés aux « assoiffés » d'une recherche à court
terme, immédiatement applicable. Or cette vue est profondément inexacte
et dangereuse : le contenu des ATC (publié de façon régulière dans
Inserrn Actualités) démontre, bien au contraire, le soutien aux
différentes composantes de la recherche biomédicale, incluant bien
entendu la recherche fondamentale.
Le véritable débat est
ailleurs : une recherche clinique et en santé publique peut évidemment,
tout comme la recherche fondamentale, être « libre » ou « thématisée ».
Ainsi, avant que la recherche sur les maladies rares et les médicaments
orphelins ne soit reconnue, des cliniciens ont patiemment décrit, en
absence de tout soutien et encouragement, de nouvelles maladies qui
secondairement se sont révélées importantes en termes de santé publique
et qui, de surcroît, ont fourni des « modèles » d'étude passionnants.
Dans d'autres domaines aussi, divers exemples pourraient être cités.
Le
débat doit porter sur l'équilibre à trouver entre le soutien à
l'excellence qui doit être maintenu, quelle que soit la thématique de
recherche, et le soutien à des actions en réseaux sur des axes
prioritaires, où un effort supplémentaire s'avère nécessaire. J'ai
indiqué - et je réaffirme - ma ferme volonté que le volume de ces
actions thématiques ne dépasse pas 10 % environ du soutien de base aux
formations de recherche. Autre atout de ces ATC : elles contribuent à
diminuer le nombre des appels d'offres proposés aux chercheurs. En
effet, la multiplicité des sources de financement, aux montants souvent
limités, nous « épuise » dans des demandes trop fréquentes - même si, à
l'inverse, elle contribue au maintien de la diversité et nous protège
parfois d'éventuelles hégémonies... A ce propos, je souligne que
l'Inserm a entrepris une action visant à harmoniser les formulaires de
demande de soutien financier entre les différents organismes
financeurs, y compris au niveau européen. Ce dernier point mérite un
débat de fond.
Par ailleurs, le soutien à des réseaux de
recherche ne peut se limiter à l'Inserm. Avec plusieurs départements du
CNRS (STIC, SPI, Chimie, SHS), notre Institut met en place des groupes
de recherche inter-organismes, qui permettront à nos for mations de
bénéficier des nouveaux développements technologiques. Ainsi,
parallèlement aux appels d'offres « classiques », des contrats de
soutien à des groupes de recherche mixtes inserm /CNRS seront proposés.
4. Vers une révîsion de nos statuts
Parallèlement
aux efforts financiers indispensables pour faire de la recherche en
santé une priorité en France, une réflexion de fond doit être conduite
sur la définition de nouveaux statuts qui permettraient un
fonctionnement optimal de l'Inserm, à l'approche de ses 4o ans - 20 ans
après la publication des décrets qui régis sent son fonctionnement
actuel - et à l'heure de la concrétisation de l'Europe. Il est possible
d'innover profondément à cet égard, tout en restant dans le cadre de la
fonction publique. A nous de définir notre modèle, plutôt que de nous
adapter aux systèmes existants. J'ai proposé aux organisations
syndicales et au Conseil scientifique d'amorcer une telle réflexion dès
cet automne. Celle-ci devra s'inscrire dans une réorganisation de la
recherche biomédicale en France, qui devrait permettre d'améliorer la
coordination des efforts français en la matière, ainsi que notre
visibilité nationale et internationale.
L'lnserm doit jouer un
rôle « moteur » décisif dans cette réorganisation, et je souhaite que
ce débat soit proposé à la communauté scientifique de façon
transparente dans les mois qui viennent. Une telle réorganisation
n'aura cependant de sens que si elle est associée à une modification
des statuts des organismes de recherche français et si elle s'inscrit
dans le renforcement des interactions entre les sciences de la vie et
les disciplines majeures que sont les mathématiques, la physique et la
chimie. Cette réorganisation pourrait s'appuyer sur la mise en place
d'instituts sur sites et d'instituts « hors murs » consacrés aux grands
domaines de recherche comme le cancer, le vieillissement, les maladies
génétiques rares... De tels instituts, qui intégreraient les
différentes composantes de la recherche fondamentale, clinique et en
santé publique, permettraient je le crois de renforcer notre potentiel
de recherche.
Publications
les plus représentatives : parmi 300 publications
· BRECHOT
C, POURCEL C, LOUISE A., RAIN B, TIOLLAIS P. Presence of integrated
hepatitis B virus DNA sequences in cellular DNA of human hepatocellular
carcinoma. Nature, 286: 533-535, 1980.
· BRECHOT
C, HADCHOUEL M, SCOTTO J, FONCK M, POTT F, VYAS GN, TIOLLAIS P. State
of hepatitis B virus DNA in hepatocytes of patients with HBsAg positive
and HBsAg negative liver diseases. Proc Natl Acad Sci USA, 78: 3906-3910, 1981.
· BRECHOT
C, HADCHOUEL M, SCOTTO J, DEGOS F, CHARNAY P, TREPO C, TIOLLAIS P.
Detection of hepatitis B virus DNA in liver and serum: a direct
appraisal of the chronic state. Lancet, 2: 765- 768, 1981.
· BRECHOT C,
NALPAS B, COOUROUCE AM, DUHAMEL G, CALLARD P, CARNOT F, TIOLLAIS P,
BERTHELOT P. Evidence that hepatitis B virus has a role in liver-cell
carcinoma in alcoholic liver disease. N Engl J Med, 306(23): 1384-1387, 1982.
· BRECHOT
C, HADCHOUEL M, DEGOS F, LUGASSY C, THIERS V, ZAFRANI S, FRANCO D,
BISMUTH H, TREPO C, BENHAMOU JP, W S J, ISSELBACHER K, TIOLLAIS P,
BERTHELOT P. Hepatitis B virus DNA in patients with chronic liver
disease and negative tests for hepatitis B surface antigen. N Engl J Med, 312: 270- 276, 1985.
· LAURE F,
ZAGURY D, SAIMOT AG, GALLO RC, HAHN BH, BRECHOT
C. Hepatitis B virus DNA sequences in lymphoid cells frorm patients
with acquired immunodeficiency syndrome (AIDS) and AIDS related complex
(ARC). Science, 229: 561-563, 1985.
· WANDS JR,
FULITA UK, ISSELBACHER K J, DEGOTT C, DAZZA MC, THIERS V, TIOLLAIS P, BRECHOT C. Identification and transmission of
hepatitis B virus related variants. Proc Natl Acad Sci USA, 83: 6608-6612, 1986.
· LAURE F,
COURGNAUD, ROUZIOUX C, BLANCHE S, VEBER F, BURGARD M, JACOM C,
GRISCELLI C, BRECHOT C. Detection of HIV1 DNA in
infants and children by means of the polymerase chain reaction. Lancet, 2: 538-540, 1988.
· CARIANI E,
LASSERRE C, SEURIN D, CZECH M.P, HAMELIN B, KEMENY F, FRANCO D, ULLRICH
A., BRECHOT
C. Differential expression of insulin-like growth factor II (IGF-II and
IGF-receptor mRNA in human primary liver cancers, benign liver tumor
and liver cirrhosis. Canc Res, 48: 6844-6849, 1988.
· WANG J,
CHENIVESSE X, HEINGLEIN B, BRECHOT C. Hepatitis B virus integration in a cyclin A gene in
hepatocellular carcinoma. Nature, 34: 557-557, 1990.
· PATERLINI P,
GERKEN G, NAKAJIMA E, TERRE S, D'ERRICO A., GRIGIONI W, NALPAS B, W S
J, KEW M, ISI E, TIOLLAIS, P, BRECHOT
C. Polymerase chain reaction for detection of hepatitis B virus DNA and
RNA sequences inhpatitis B surface antigen negative patients with
primary liver cancer : a study in high and low endemic areas. N Engl J Med, 232: 80-85, 1990.
· FERAY C,
SAMUEL D, THIERS V, VIGOU M, PICHON F, BISMUTH A., REYNES M,
MAISONNEUVE P, BISMUTH H, BRECHOT C. Reinfection of liver graft by hepatitis C virus (HCV)
after liver transplantation. J Clin Invest, 89: 1361-1365, 1992.
· LASSERRE C,
CHRISTA L, SIMON M.T, VERNIER P, BRECHOT
C. A novel gene (HIP) activated in human primary liver cancer : the HIP
and the pancreatic stone protein/pancreatic thread protein/reg encoding
genes are members of a new gene family which shares structural homology
with C-type lectins. Canc Res, 52: 5 089-5 095, 1992.
· PATERLINI P,
SUBERVILLE A.M, ZINDY F, MELLE J, SONNIER M, MARIE JP, DREYFUS F, BRECHOT C. Cyclin A expression in human
hematological malignancies: A new marker of cell proliferation. Canc Res, 53: 235-238, 1993.
· HENGLEIN B,
CHENIVESSE X, WANG J, EICK D, BRECHOT C. Structure and cell cycle-regulated transcription of
the human cyclin A gene. Proc Natl Acad Sci USA, 91: 5 490-5 494, 1994.
· DE MITRI S,
POUSSIN K, BACCARINI P, PONTISSO P, D'ERRICO A, SIMON N, GRIGIONI W,
ALBERTI A, BEAUGR M, BRECHOT C, PATERLINI P. HCV-associated liver cancer without
cirrhosis. Lancet, 345: 413-415, 1995.
· DESDOUET SC,
MATESIC G, MOLINA C, FOULKES NS, SASSONE-CORSI P, BRECHOT C, SOBCZAK-THEPOT J. Cell cycle
regulation of cyclin A expression by cAMP-responsive transcription
factors CREB and CREM. Mol Cell Biol, 15: 3301-3309, 1995.
· MURPHY M,
STINNAKRE MG, SENAMAUD-BEAUFORT C, SWEENEY C, KUBELKA M, CARRINGTON M, BRECHOT C, SOBCZAK-THEPOT J. Delayed early
embryonic lethality following disruption of the murine cyclin A2 gene. Nature Genetics, 15: 83-86, 1997.
· BARBA G,
HARPER F, HARADA T, KOHARA M, GOULIN S, MATSUURA Y, EDER G, SCHAFF Z S,
CHAPMAN M J, MIYAMURA T, BRECHOT
C. Hepatitis C virus core protein shows an exclusively cytoplasmic
localization and associates to cellular lipid storage droplets. Proc Natl Acad Sci USA, 94: 1200-1205, 1997.
· WEIL* R,
SIRMA* H, GIANNINI C, KREMSDORF D, DARGEMONT C, BRECHOT, C, ISRAEL A. Direct association and
nuclear import of the hepatitis B virus X protein with the NF-B
inhibitor IB. Mol
Cell Biol, 19
(9): 6345-6354, 1999. *co-authors.
· CHRISTA L,
SIMON MT, BREUZAULT-BONNET C, BONTE E, CARNOT F, ZYLBERBERG H, FRANCO
D, CAPRON F, ROSKAMS T, BRECHOT,
C. Hepatocarcinoma-intestine-pancreas/pancreatic associated protein
(HIP/PAP) is expressed and secreted by proliferating ductules as well
as by hepatocarcinoma and cholangiocarcinoma cells. Am J Pathol, 5: 1525-1533, 1999.
· VONA G,
SABILE A, LOUHA M, SITRUK V, ROMANA S, SCHUTZE K, CAPRON F, FRANCO D,
PAZZAGLI M, VECKEMANS M, LACOUR B, BRECHOT C, PATERLINI-BRECHOT
P. Isolation by size of eptihelial tumor cells (ISET): a new method for
the immunomorphological and molecular characterization of circulating
tumor cells. Am
J Pathol, 156:
57-63, 2000.
· SOUSSAN P,
GARREAU F, ZYLBERBERG H, FERRAY C, BRECHOT C, KREMSDORF D. In vivo expression of a
new hepatitis B virus protein encoded by a spliced RNA. J Clin Invest, 105: 55-60, 2000.
· GEROLAMI R,
CARDOSO J, LEWIN M, BRALET MP, SA CUNHA A, BREGERIE O, CLEMENT O, BRECHOT
C, TRAN LP. Evaluation of HSV-tk gene therapy in a rat model of
chemically-induced hepatocellular carcinoma by intrahepatic artery and
intratumoral routes. Cancer Res, 60(4): 993-1001, 2000.
· TU H, BONURA
C, GIANNINI C, MOULY H, SOUSSAN P, KEW M, PATERLINI-BRECHOT P, BRECHOT
C, KREMSDORF D.Biological Impact of Natural COOH-Terminal Deletions of
Hepatitis B Virus X Protein in Hepatocellular Carcinoma Tissues. Cancer Res, 61(21): 7803-10, 2001.
· BOTTAZZI ME,
BUZZAI M, ZHU X, DESDOUETS C, BRECHOT
C, ASSOIAN RK. Distinct effects of mitogens and the actin cytoskeleton
on creb and pocket protein phosphorylation control the extent and
timing of cyclin a promoter activity. Mol Cell Biol, 21(22): 7607-16, 2001.
· DELHEM N,
SABILE A, GAJARDO R, PODEVIN P, ABADIE A, BLATON MA, KREMSDORF D,
BERETTA L, BRECHOT
C. Activation of the interferon-inducible protein kinase PKR by
hepatocellular carcinoma derived-hepatitis C virus core protein. Oncogene, 20(41): 5836-45, 2001.
· PERLEMUTER
G, SABILE A, LETTERON P, VONA G, TOPILCO A, SAMSON-BOUMA ME, CHRETIEN
Y, PESSAYRE D, KOIKE K, CHAPMAN J, BARBA G, BRECHOT C.
Hepatitis C virus core protein inhibits microsomal triglyceride
transfer protein activity and very low density lipoprotein secretion: a
model of viral-related steatosis. FASEB Journal, 16: 185-194, 2002.
· TRALHAO G,
ROUDIE J, MOROSAN S, GIANNINI C, TU H, GOULENOK C, CARNOT F, ZAVALA F,
JOULIN V, KREMSDORF D, BRECHOT C.
Paracrine in vivo inhibitory effects of hepatitis B virus X (HBx)
protein on liver cell proliferation: a new mechanism of HBx-related
pathogenesis. Proc
Natl Acad Sci USA,
99: 6991-6996, 2002.
· FAIVRE J,
FRANK-VAILLANT M, POULHE R, MOULY H, JESSUS C., BRECHOT C,
and SOBCZAK-THEPOT J. Centrosome overduplication, increased ploidy and
transformation in cells expressing membrane-associated cyclin A2. Oncogene, 21(10): 1493-1500, 2002.
· SA CUNHA,
A., BONTE, E., DUBOIS, S., CHRETIEN, Y., ERAISER, T., DEGOTT, C., BRECHOT, C.,
TRAN, P. L. Inhibition of rat hepatocellular carcinoma tumor growth
after multiple infusions of recombinant Ad.AFPtk followed by
ganciclovir treatment. J Hepatol, 37 (2):222-230, 2002.
· LE NAOUR,
F., BRICHORY, F., MISEK, D.E., BRECHOT, C.,
HANASH, S.M., BERETTA, L. A distinct repertoire of antibodies in
hepatocellular carcinoma identified of hepatitis C virus infection. Mol Cell Protemics, 1(3) :197-203, 2002.
· PERLEMUTER
G, LETTERON P, CARNOT F, ZAVALA F, PESSAYRE D, NALPAS B, BRECHOT C.
Alcohol and hepatitis C virus core protein additively increase lipid
peroxidation and synergistically trigger hepatic cytokine expression in
a transgenic mouse model. J Hepatol, 39(6):1020-7, 2003.
· SIMON MT,
PAULOIN A , NORMAND G, LIEU HT, MOULY H, PIVERT G, CARNOT F, TRALHAO
JG, BRECHOT C.
HIP/HAP stimulates liver generation after partial hepatectomy and
combines mitogenic and anti-apoptotic functions through the PKA
signaling pathway. FASEB J, 17(11) :1141-50, 2003.
· GEROLAMI R.,
UCH R., FAIVRE J., GARCIA S., HARDWIGSEN J., CARDOSO J. MATHIEU S.,
BAGNIS C., BRECHOT
C., MANNONI P.
Herpes simplex virus thymidine kinase-mediated suicide gene therapy for
hepatocellular carcinoma using HIV-1-derived lentiviral vectors . J Hepatol, 40(2) :291-7, 2004. |