
Interne des hôpitaux de Paris (1967-1973).
Certificat de biochimie
structurale et métabolique et diplôme d’études approfondies en
biochimie à la faculté des sciences de Paris (1971 et 1972).
Docteur en médecine, université de Paris VI (1973).
Chef de clinique -
assistant des hôpitaux de Paris, clinique de neurologie et
neuro-psychologie (Pr Lhermitte, CHU Pitié - Salpêtrière (1973-1978).
Docteur ès sciences (Pr Glowinski, Collège de France), université de Paris (1976).
Professeur des universités,
praticien hospitalier, clinique de neurologie et de neuropsychologie,
CHU Pitié - Salpêtrière (1979).
Professeur des universités
– praticien hospitalier de 1ère classe (1986), professeur des
universités – praticien hospitalier de classe exceptionnelle (1992).
Chef de service de
neurologie (Fédération de neurologie), groupe hospitalier
de la Pitié Salpêtrière, depuis 1993.
Directeur de l’unité de
recherche Inserm 289 sous les l’intitulés successifs de «
Physiopathologie des comportements », « Physiopathologie des maladies
du système nerveux »,« Physiopathologie et pathogenèse des maladies
dégénératives du système nerveux », puis « Mécanismes et conséquences
de la mort neuronale » (1985-2000).
Coordonnateur du centre
d'investigation clinique (CIC) des maladies du système nerveux,
implanté au sein du groupe hospitalier de la Pitié-Salpêtrière depuis
1995 et directeur, sur le même site hospitalier, de l'Institut fédératif des neurosciences (1998-2005).
Directeur de l’Institut de
neurologie (2000-2002) et directeur scientifique de l’Institut du
cerveau et de la moelle épinière depuis 2004.
Membre de la commission scientifique spécialisée
« Système musculaire squelettique, système nerveux central et organes
des sens, psychiatrie et santé mentale de l'Inserm (1979-1982), membre
du conseil national des universités (médecine expérimentale et
chirurgie comparée) (1979-1987), membre du département des sciences de
la vie du CNRS (1987-1990), membre du conseil national des universités
(1987-1992).
Membre de la mission scientifique de l’Inserm : conseiller pour les neurosciences (1996-1998).
Membre du bureau du comité
consultatif médical du CHU Pitié-Salpêtrière, membre du conseil
scientifique de la faculté Pitié-Salpêtrière.
Sociétés savantes – Académies
Membre de la Société de
neurologie, de la Société de psychiatrie biologique, de la Société
française des neurosciences (membre du conseil d’administration depuis
2005), de l’Association européenne pour la neuropharmacologie clinique,
de la Société européenne de neurochimie, de la Société européenne de
neurologie, de l’American Academy of Neurology, de l’American
Neurological Association, de la Movement Disorders Society, de
l’International Basal Ganglia Society, de la Society of Neurosciences
(USA), de l’Association of British Neurologists.
Président de l'Association
pour le développement de la recherche sur les maladies génétiques
neurologiques et psychiatriques (1989-2005).
Distinctions - Prix
Prix de l’Académie des
sciences – Institut de France (1984), Alice Wilson Award in Parkinson’s
Disease, USA (1993), prix Mande de l’Académie de médecine (1994), prix
de recherche de la fondation AGF Athéna/Institut de France (1995).
Grand prix Inserm de la recherche médicale (2001).
Career Award of the Movement Disorder Society (2004).
Travaux scientifiques
Les travaux de recherche
d’Yves Agid ont toujours été menés dans le domaine des neurosciences,
le but étant d’identifier de nouvelles cibles thérapeutiques pour
guérir et soulager. L’approche scientifique a donc été menée dans un
continuum depuis la biologie moléculaire jusqu’à la recherche clinique
en passant par la biologie cellulaire et la neurophysiologie. Les
modèles pathologiques choisis étaient les affections
neurodégénératives, avec une référence particulière pour la maladie de
Parkinson.
Les recherches d’Yves Agid
et de ses collaborateurs ont ainsi concerné l’identification des
principaux facteurs pathologiques contribuant à la vulnérabilité et à
la perte des neurones dopaminergiques et la description des diverses
formes d’apoptose (mort cellulaire programmée) dans le cerveau humain.
Il a également engagé son laboratoire dans la génétique moléculaire des
maladies neurodégénératives héréditaires permettant, notamment,
d’identifier plusieurs gènes dans des affections dégénératives du
cervelet (ataxies cérébelleuses) et du nerf périphérique (maladie de
Charcot-Marie-Tooth).
D’autres travaux ont été
plus particulièrement consacrés à la nosographie des maladies
neurodégénératives, avec pour modèle d’une part la maladie de Parkinson
et ses différents sous-types - en identifiant notamment les formes
héréditaires de l’affection -, d’autre part, en utilisant les outils de
la neurologie expérimentale appliqués aux maladies neuropsychiatriques
comme la maladie des tics (Gilles de la Tourette) et les troubles
obsessionnels compulsifs.
Les travaux de Yves Agid
ont porté plus particulièrement sur la maladie de Parkinson, avec une
double approche : comprendre le mécanisme des symptômes et celui de la
mort cellulaire.
C’est d’abord dans le laboratoire de Jacques Glowinski,
au Collège de France, qu’il entreprend ses premières recherches. Ainsi,
il étudie les conséquences de la destruction de la voie nigrostriatale,
caractéristique de la maladie de Parkinson, en montrant l’influence des
neurones dopaminergiques de cette voie sur les neurones cholinergiques
du striatum et en essayant d’expliquer le mécanisme des médicaments
antiparkinsoniens anticholinergiques.
A la Pitié-Salpêtrière,
d’abord seul, puis entouré d’une petite équipe, avant de devenir
directeur de l’unité Inserm 289, Yves Agid contribue à décrire les
lésions des circuits dopaminergiques à l’intérieur des noyaux gris de
la base, par l’étude de cerveaux humains post mortem. Ses travaux
révèlent que la déficience dopaminergique ne se réduit pas au striatum,
mais intéresse aussi le système mésocorticolimbique et d’autres régions
des noyaux gris centraux. Avec cette même démarche, il constate que les
structures cérébrales sont douées de grandes capacités d’adaptation car
il faut que la moitié environ des cellules dopaminergiques soient
détruites pour que des symptômes apparaissent. En deçà de ce seuil, la
disparition des neurones dopaminergiques est compensée par différentes
modifications biochimiques et structurelles, notamment une
hypersensibilité des récepteurs postsynaptiques à la dopamine et une
repousse des neurones encore intacts qui prennent la place des neurones
disparus. La L-Dopa (précurseur de la dopamine), l’un des médicaments
utilisés dans le traitement symptomatique de la maladie de Parkinson,
semble même stimuler cette plasticité neuronale compensatoire.
Plus récemment, Yves Agid
et ses collaborateurs ont montré que les parties basses du cerveau, y
compris des structures présentes dans le tronc cérébral, sont
impliquées dans les fonctions cognitives et psychiques, ce qui remet en
question les idées classiques sur l’organisation des fonctions dites
supérieures. Une observation récente illustre ainsi le rôle que peuvent
jouer les parties les plus «primitives» du cerveau dans certaines
affections psychiatriques. En inhibant avec une électrode une toute
petite structure, d’une centaine de cellules, dans le tronc cérébral,
il est possible de déclencher une crise de mélancolie profonde qui
cesse dès l’arrêt de l’inhibition.
Dans le domaine plus
fondamental des mécanismes de la mort neuronale, Yves Agid et ses
collaborateurs ont pu établir la présence de cellules en apoptose au
cours de la maladie de Parkinson, le rôle-clé des mitochondries dans ce
processus de mort cellulaire programmée et l’implication probable des
cellules gliales, considérées jusque-là comme protectrices, dans la
souffrance cellulaire.
Yves Agid a également
engagé son laboratoire dans la génétique moléculaire des maladies
neurodégénératives héréditaires, ce qui lui a permis notamment
d’identifier plusieurs gènes dans des affections dégénératives du
cervelet (ataxies cérébelleuses) et du nerf périphérique (maladie de
Charcot-Marie-Tooth).
Récemment, les travaux de son équipe ont permis de montrer que les mutations d'un gène, baptisé Parkin,
étaient responsables d'une forme précoce, plus répandue que prévue, de
la maladie de Parkinson. Celle-ci a montré que, dans ces formes
particulières, la maladie évoluait plus lentement et que les patients
répondaient mieux au traitement par la L-Dopa. Une partie du travail de
l’équipe s’est orienté vers l’approche post-génomique pour déterminer
comment les mutations observées peuvent provoquer le dysfonctionnement
et la mort cellulaire. C’est ainsi que le cadre nosologique de « la
maladie» de Parkinson, bien classique, a éclaté en « plusieurs maladies
» de Parkinson aux origines génétiques diverses.