Antoine Lacassagne (1884-1971)
Médecin
et biologiste français né à Villerest (Loire, France),
le 29/08/1884.
Issu d'une famille de médecins, il fait ses études de médecine
à Lyon.
1909 Entre dans le laboratoire de la faculté de médecine de
Lyon où il commence à travailler avec Cl. Regaud qui lui
confie comme sujet de thèse, l'étude de l'action des rayons
X sur l'ovaire de lapine.
1913 Soutient sa thèse de doctorat en médecine : Etude
histologique et physiologique des produits effets sur l'ovaire par les rayons
X. Décide de suivre Cl. Regaud à Paris pour devenir son
assistant à l'Institut du Radium. Entre à l'Institut Pasteur
comme boursier et s'inscrit au Cours de microbiologie.
1914-1918 Mobilisé comme médecin auxilliaire sur le front
français, il rejoint en 1916 l'Armée d'Orient.
1919 Reprend son activité au Laboratoire Pasteur de l'Institut du
Radium. Avec Cl. Regaud, participe à la mise au point des techniques
de traitement des cancers par les rayons X et fournit un travail de définition
anatomo-pathologique des effets des radiations ionisantes sur les tissus
normaux et cancéreux.
1923-1937 Nommé sous-directeur du Laboratoire Pasteur de l'Institut
du Radium.
1924 En étudiant l'effet d'injections de polonium à des lapins
et des souris, il participe, avec J. Lattès, à la mise au point
de la technique d'autohistoradiographie, qui permet de localiser, à
l'échelon microscopique, les substances radioactives.
1928 Avec Fernand Holweck, il entreprend des travaux sur l'interprétation
mathématique statistique des courbes qui relient la dose de radiation
et l'effet observé sur des populations homogènes d'organismes
monocellulaires. Travaille principalement sur des levures et sur Polytoma
uvella, observe pour la première fois le phénomène
de mort différée, et contribue aux progrès accomplis
par la radiobiologie à partir de l'interprétation quantique
des interactions élémentaires de l'énergie de radiation
et de la matière organique vivante.
1930 Avec R. Vinzent, il réalise une expérience qui représente
le premier cas de co-cancérogénèse. Montre que l'on
provoque des cancers avec une très faible dose de radiation agissant
sur des foyers infectieux, alors que ces doses sont sans effet sur des tissus
non enflammés.
1932 Démontre qu'une hormone ostrogène, la folliculine, peut
provoquer l'apparition de cancers de la mamelle chez la souris. Il ouvre
ainsi la voie à l'hormonothérapie.
1937-1954 Succède à Regaud comme chef de service à
l'Institut Pasteur et comme directeur de l'Institut du Radium.
1939 Sa renommée scientifique et ses qualités de thérapeute
l'amène à soigner des gens célèbres. A la demande
de la princesse Marie Bonaparte, se rend à Londres au chevet de S.
Freud atteint d'un cancer de la machoire.
1939-1940 Avec Eug. Wollman, reprend
des études analogues à celles entreprises avec Holweck, cette
fois sur des bactériophages.
1941 Est nommé professeur au Collège de France à la
chaire de radiobiologie expérimentale nouvellement créée.
1942-1943 Avec R. Latarjet, il étudie la production de cancers par
les actions conjuguées de radiations X et UV d'hydrocarbures polycyliques
sur la peau de la souris. Ces expériences démontrent le rôle
indispensable joué par les follicules pilo-sébacés dans
la production des épithéliomas cutanés.
1942-1957 Forme une équipe comprenant des physiciens rompus aux calculs
de la mécanique ondulatoire (M. et Mme Daudel, M. et Mme Pullman),
des chimistes organiciens dirigés par N.P. Buu-Hoï, et des biologistes
(G. Rudali et F. Zajdela), afin de poursuivre des travaux sur l'activité
cancérigène des hydrocarbures polycycliques. Ces travaux sont
à l'origine de la cancérologie inframoléculaire.
1946 Se rend en Iran, accompagné de R. Legroux et Pasteur Vallery-Radot,
pour signer, au nom de l'Institut Pasteur, le nouveau contrat de l'Institut
Pasteur d'Iran, préparé par M. Baltazard avec
le Gouvernement iranien.
1948 Elu membre l'Académie de médecine.
1949 Elu membre de l'Académie des sciences.
1950 Préside, au nom du Bureau international contre le cancer, le
premier congrès international du cancer qui se tient à Paris.
1954-1971 Après sa retraite, il poursuit, dans un laboratoire aménagé
pour lui par l'Institut Pasteur dans un étage de l'Institut du radium,
des travaux sur le cancer du foie du rat, en collaboration avec Mme L. Corre-Hurst.
1960 Président du comité scientifique de la Ligue contre le
cancer, il crée des bourses de recherche destinées aux jeunes
scientifiques souhaitant faire des recherches en cancérologie.
1965-1971 Le laboratoire de l'Institut du radium étant devenu trop
petit, fait installer, grâce à des crédits de l'INSERM,
un centre de recherche sur la cancérogénèse chimique
et hormonale à l'Institut Lannelongue de Vanves, dirigée par
L. Corre-Hurst.
1959 Président de la Ligue nationale française contre le cancer.
16/12/1971 Voyant sa santé décliner, il achève toutes
les tâches qu'il avait entreprises et met fin à ses jours.
Publications en collaboration avec : Baclesse, P. Beraud, E. Briau, Buu-Hoi,
R. Caussé, H. Cesbron, A. Chamorro, C. Commandeur, L. Corre-Hurst,
O. Costerousse, S. Cotelle, J. Courmont, H. Coutard, R. Cremieu, V. Dantchakoff,
S. Danysz, N. Dat-Xuong, R. Daudel, L. Desclin, J. Dubois, A. Fehr, R. Ferroux,
G. Fournier, F. Joliot-Curie, P. Giroud, G. Gricouroff,
N. Hoan, H. Holovée, F. Holweck, M. Hubert-Habard, Jacquignon, J.
Jolly, M. Lagoutte, R. Latarjet, J. Lattes, J. Lavedan, C.-P. Leblond, J.
Lecocq, J. Loiseleur, B. Lyonnet, O. Monod, S. Nicolau, Th. Nogier, W. Nyka,
A. Paulin, J. Pierquin, A. Policard, A. Raynaud, J. Reverdy, Cl. Regaud,
G. Richard, J.-L. Roux-Berger, Rubens-Duval, Ch. Roubier, M. Rouyer, G. Rudali,
N. Samssonow, P. Savy, M. Servigne, M. Schoen, J.-A. Thomas, E. Villela,
R. Vinzent, P.-E. Weil, El. Wollman, Eug. Wollman, F. Zajdela.
Références biblio. :
- Latarjet (Raymond), "Antoine Lacassagne (1884-1971)", Annales de l'Institut
Pasteur, vol. 122, n° 6, 1972.
- Martin (Carole), Inventaire du fonds d'archives. Dossiers scientifiques
et lames histologiques Antoine Lacassagne, introduction, p. 1-8.
- Chamak (Brigitte), 'Cent ans de recherches en cancérologie, le
rôle d'Antoine Lacassagne (1884-1971), Paris, ed. Glyphe, 2011.