http://www.pasteur.fr/infosci/archives/f-bio.html
Raymond Turpin (1895-1988)
Médecin pédiatre et généticien français né à Pontoise, le 05/11/1895.
Etudes secondaires à l'Ecole de l'Ile-de-France de Liancourt.
1913 Entre au PCN.
1914 Admis à la faculté de médecine de Paris.
1915
Mobilisé comme médecin auxiliaire, il est affecté
au service des Forts de Verdun, puis sert dans le 3e Bataillon du 9e
Régiment d'infanterie. En octobre 1918, il est gravement
intoxiqué par les gaz de combat. Il reçoit la Croix de
guerre 1914-1918, avec trois citations.
1919 Reprend ses études de médecine.
1920 Admis comme externe des hôpitaux de Paris.
1921
Reçu interne des Hôpitaux de Paris. Participe, aux
côtés de B. Weill-Hallé, et sous la direction de A.
Calmette, aux premiers essais de vaccination par le BCG. Entreprend des
recherches sur la tétanie de l'enfant. Il découvrira les
anomalies électromyographiques de la tétanie et
décrira, avec L. Lefebvre et J. Lerique, le critère
aujourd'hui classique du doublet répétitif,
découverte qui permet de préciser le diagnostic de la
maladie.
1923-1924 Nommé moniteur d'anatomie pathologique à la faculté de médecine de Paris.
1924
Aux côtés de A. Boquet, L. Nègre, Wilbert et M.
Léger, collabore à l'article de Calmette, C.
Guérin et B. Weill-Hallé sur les Essais d'immunisation
contre l'infection tuberculeuse. Il reste associé aux travaux de
l'Institut Pasteur sur le vaccin BCG, jusqu'au décès de
Calmette, en 1933.
1925 Soutient sa thèse de doctorat en
médecine sur la tétanie pour laquelle il obtient le prix
de thèse de la faculté de médecine.
1926-1929 Nommé chef de laboratoire, puis chef de clinique à la faculté de médecine de Paris.
1928 Lauréat du prix Pannetier de l'Académie nationale de médecine.
1929 Médecin des Hôpitaux de Paris.
1931-1959
Entreprend, avec plusieurs de ses élèves, une suite
d'études cliniques et familiales sur le mongolisme (recherches
des signes dits de la série mongolienne : langue
fissurée, pli palmaire transverse chez les ascendants et les
collatéraux), recherches hématologiques (indice de
segmentation nucléaire), et recherches
phylogénétiques (analyse comparative des
caractères dermatoglyphiques chez les primates non hominiens).
En 1937, rapportant les résultats d'une étude
fondée sur l'examen des familles de 104 mongoliens, il
écrit : L'hypothèse d'un mongolisme solidaire d'une
anomalie chromosomique paraît acceptable (...) à l'exemple
de la mutation Bar, due à une anomalie chromosomique chez la
(mouche) drosophile. Cette hypothèse, qu'il allait
démontrer 20 ans plus tard, reste alors sans écho dans le
monde médical.
1933-1947 Agrégé de
médecine chargé d'enseignement (thérapeutique),
puis à partir de 1946, chargé du cours de clinique
annexe, à la faculté de médecine de Paris.
09-11/1934
Mission d'enseignement au Canada, dans les hôpitaux et les
universités de Québec et Montréal, sous les
auspices de l'Institut franco-canadien.
1934 Est fait chevalier de la Légion d'honneur. Promu officier en 1949, et commandeur en 1964.
09/1939-08/1940 Mobilisé comme médecin-capitaine.
1941-1945
Chargé des conférences de génétique
médicale à la faculté de médecine de Paris.
Ce cours annuel est le premier du genre dans une faculté
française.
1947 Membre fondateur de la
Société française de génétique. Il
en devient le président en 1954.
1947-1956 Professeur de thérapeutique à la faculté de médecine de Paris.
1952 Elu président de la Société de thérapeutique.
1956
Nommé professeur de clinique à la chaire d'hygiène
et de clinique de la première enfance, à la
faculté de médecine de Paris.
08/1956 Participe au
premier congrès international de génétique
humaine, à Copenhague. Charles Edmund Ford et John Hamerton y
confirment les observations faites par Joe Hin Tjio et Albert Levan
quelques mois avant : le nombre de chromosomes humains est de 46. Une
méthode mise au point par T.C. Hsu, en 1952, celle du choc
hypotonique qui permet de disperser les chromosomes, a
été employée pour permettre ce
dénombrement.
1957-1958 Avec ses élèves,
Jérôme Lejeune et Marthe Gautier, décide
d'étudier les caractères morphologiques des chromosomes
humains normaux en maîtrisant les techniques exposées
à Copenhague. Après avoir vérifié que le
nombre de chromosomes avancé par Tjio et Levan est
rigoureusement constant, R. Turpin et son équipe, dirigent leurs
recherches vers l'étude des aberrations chromosomiques humaines
par l'analyse du caryotype d'enfants mongoliens.
1957 Elu membre de l'Académie nationale de médecine.
1958
Réalise, avec son équipe, le premier caryotype d'enfant
mongolien. 47 chromosomes sont dénombrés au lieu du
chiffre normal 46, due à la présence d'un chromosome
surnuméraire s'apparentant aux plus petits des autosomes : un
acrocentrique avec petit bras et satellite. Cette découverte
permet d'annoncer, dès septembre 1958, la première
aberration chromosomique de nombre. Deux observations
complémentaires, publiées en janvier, puis en mars 1959
(sur 9 enfants mongoliens), confirment la découverte. En avril
1960, dans la nomenclature adoptée par la commission
internationale de Denvers, le numéro 21 est attribué aux
chromosomes de la trisomie mongolienne. Le mongolisme est
désormais appelé trisomie 21.
1959 En
collaboration avec J. Lejeune, M. Gautier et J. Lafourcade,
découvre et décrit la première aberration de
structure avec translocation par fusion centrique entre un chromosome
du groupe G (un 22) et un chromosome du groupe D, dans un cas de
polydysspondylie. Ainsi, dès 1959, les deux principaux
archétypes d'aberrations chromosomiques humaines sont
découverts. Les années suivantes, de nouvelles
aberrations chromosomiques sont décrites, notamment, en 1961,
une gémellité monozygote à partenaires
dissemblables : un garçon normal, une fille atteinte de syndrome
de Turner 45, X : première observation de monozygotisme
hétérocaryote.
1960 Elu président de la Société française de pédiatrie.
1961 Lauréat du prix Jean Toy de l'Académie des sciences.
1965
Participe à la création de la première chaire de
génétique fondamentale confiée à J.
Lejeune.
1962 Elu membre de l'Académie des sciences dans
la section médecine et chirurgie. Entre au Comité de
biologie du CEA (parmi les autres membres du comité : A.
Lacassagne, R. Latarjet, J. Tréfouël ).
Crée,
à Paris, l'Institut de progenèse destiné à
l'étude des caractères pré-conceptionnels
héréditaires et non héréditaires du
développement humain.
1971 Elu membre de l'Académie de pharmacie.
24/05/1988 Décès.
Publications
en collaboration avec : L. Babonneix, Y. de Barochez, G.
Beaupère, Benda, G. Bernyer, L. Boidin, A. Boquet, L. Bocquet,
R. Bourgeois, G. Bourguignon, F. Bourlière, P. Bouvatier, C.
Brun, A. Caratzali, J. Calmels, A. B. Caille, Calmette, J. Cany,
Caspar-Fontmarty, R. Cavier, Y. Chabert, P. Chassagne, J. Chevrolle,
P.-L. Chigot, J. Combet, F. Coste, J. Cruveillier, H. Dagand, J.
Delarue, P. Delbarre, M. Delcorte, J. Decourt, A. Defranoux, J.L.
Demassieux, P. Desvignes, G. Dreyfus-Sée, Dornand,
Dubois-Roquebert, J. Duché, H. Duchêne, M. Dupire, H.
Durand, G. Frank, M. Fèvre, M. Garnier, F. de Gaudart
d'Allaines, N. Georgesco-Roegen, G. Godard, R. Gorin, M. Gorny, A.
Granjon, A. Grenier, H. Grenet, C. Guérin, Ch. O. Guillaumin, J.
Hallé, H. Hubac, E. Housset, H. Jammet, H. Janet, H.
Jérôme, L. Justin-Besançon, J.-L. Laffon, J.
Lafourcade, Landzenberg, Cl. Laroche, S. Laurent, J. Lemoine, P.
Lépine, C. Lian, J. Lefebvre, P. Lefever, J. Lejeune, H.
Lemeland, J. Lerique, M. Leoper, E. Lesné, L. Lortat-Jacob,
Maas, E. Margolis, R.M. May, M. Mayer, Merklen, R. Michel, G. Morin,
Mouzon, M. Oury, L. Nègre, P. Nobécourt, G. Normand, Ph.
Pagniez, A. Pelou, B. Piguet, J. Pillet, J. Piton, A.-R.
Prévost, M.O. Réthoré, L. Ribadeau-Dumas, H.
Rogier, J. Roujeau, C. Salama, G. Salabé, Ch. Salmon, R. Sans,
H. saraux, Savaton-Pillet, Schmidt-Jubeau, P. Schützenberger, R.
Seillon, J. Sérane, J. Sénécal, E. Sergent, H.
Sikorav, J. Sutter, P. Tanret, J. Terris, M. Tisserand, L. Tixier, J.
Tonnet, C. Tritto, J. Valetta, S. Varrone, B. Weill-Hallé,
Wilbert, R. Zazzo, P. Zizine.
Références biblio. :
- Bernard (Jean), "La vie et l'oeuvre de Raymond Turpin", La Vie des Sciences, t. 6, n° 6, 1989, pp. 612-618.
-
Couturier-Turpin (Marie-Hélène), "La découverte de
la trisomie 21", La Revue du Praticien, 55, 2005, pp. 1385-1389.
- Laplane (Robert), "Eloge de Raymond Turpin (1895-1988)", Bull. Acad. Natle Méd., 173, n° 5, 1989, pp. 535-543.
- Turpin (Raymond), Titres et travaux scientifiques de Raymond Turpin, G. doin et Cie éd., 1961, 168 p.