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SLND. Bibliothèque de l'Académie nationale
de
médecine. Dossier Claudius Vincent.
Clovis Vincent (1879-1947)
Né à Ingret (Loiret), après ses
études au lycée d’Orléans,
Claudius Vincent a fait sa médecine à Paris ou il a
réussi le concours
d’internat des hôpitaux. Eleve du neurologue Joseph Babinski, lui
même
disciple de J.-B. Charcot, Claudius Vincent devient médecin chef
à
l’hôpital de la Pitié Salpetrière à la
veille de la Première Guerre
mondiale.A l’époque, le magistère de la médecine
françaises repose sur
la méthode anatomo-clinique. Celle-ci est fondée sur
l'idée que tout
désordre comportemental a un substratum anatomique et que toute
lésion
anatomique se manifeste par des troubles analysables par l'examen
clinique.En neurologie, Joseph Babinski a porté
l’anatomopathologie à
son apogée par exemple lorsqu’il a opposé
l'hémiplégie organique à
l'hémiplégie hystérique, réduisant ainsi
l'hystérie au pithiatisme,
i.e. à des troubles de la suggestion que la persuasion peut
faire
disparaître. Il pouvait au terme d'un examen clinique minutieux
localiser à un millimètre près le siège
d'une lésion médullaire,
ouvrant ainsi la voie à la neurochirurgie française avec
ses élèves
Thierry De Martel et Clovis Vincent. A la mobilisation en 1914, Clovis
Vincent, un homme de tempérament et un amateur de sports
violents
devient un brancardier-combattant. L’un de ses biographes raconte qu’en
1915, pour la prise de la colline de Vauquois, « il trouve le
temps, tout en pansant les blessés français, d’occire
quelques soldats ennemis bien portants
», un geste qui lui vaudra la Légion d’honneur à
titre militaire. Mais
la guerre lui donne aussi l’occasion de mettre en pratique de nouvelles
méthodes de traitement de l’hystérie et il met au point
une méthode de
rééducation fonctionnelle des combattants
traumatisés par les
bombardements. Pour cela, il n’hésite pas à renforcer la
méthode de la
suggestion verbale inspirée de son maître Babenski par le
recours aux
chocs électriques. Cette stimulation électrique avait,
dit-on, le
mérite de séparer les simulateurs des combattants
réellement
traumatisés, mais si elle lui vaut de nouvelles
félicitations de
l’Etat-Major, elle provoque aussi les protestations de certains
troupiers qui aboutiront au renvoi du dr. Vincent à Tours dans
un
hôpital de l’arrière. Au lendemain de la guerre, le
dr.Vincent franchit
le pas qui sépare la neurologie de la neurochirurgie. Il se rend
aux
Etats Unis pour s’informer des méthodes du pape de la neuro
chirurgie
mondiale, le pr.Harvey Cushing du Peter Bent Bigham Hospital de Boston.
Dans la grande tradition chirurgicale française, il y montre son
goût
pour « la technique et les réalisations manuelles
soignées » et
devient bientôt un spécialiste unanimement reconnu de
l’exérèse des
tumeurs hypophysaires et autres méningiomes. Sa
dextérité lui vaut
l’admiration de Cushing qui, lors d'une visite à Paris, aurait
déclaré
au doyen de la Faculté de médecine « …avoir vu
opérer le meilleur neurochirurgien du monde ».
Cette appréciation est partagée par la Fondation
Rockefeller qui a
permis à Claudius Vincent de créer en 1933 le Centre
neurochirurgical
de La Pitié-Salpétrière où l’on
étudie la physiologie des lobes
frontaux du cerveau, puis de devenir le titulaire de la première
chaire
de neurochirurgie créée à la Faculté de
médecine en 1939.